Chez moi habite un crocodile

Il vit dans ma salle de bain
On m’a dit prend plutôt un chien
Un chat, un poisson, un lapin
Oui sauf que moi je l’aime bien

Chez moi habite un crocodile

Il a grandi dans ma baignoire
Et s’est aiguisé la mâchoire
Sur les contours de mon miroir
Je ne peux pas lui en vouloir

Chez moi habite un crocodile

Il a toujours un petite faim
Mais ça me coûte trois fois rien
Suffit d’y mettre un peu du sien
Quand on aime il faut prendre soin

Chez moi habite un crocodile

Il me suit au jardin parfois
Au soleil toujours de sang-froid
Il demeure à côté de moi
Et me regarde avec émoi

Chez moi habite un crocodile

Un jour je l’ai perdu de vue
Je l’ai retrouvé dans la rue
Quelques voisins l’ont aperçu
Les gens ont peur de l’inconnu

Chez moi habite un crocodile

Et lorsque je m’endors le soir
Tout près de lui dans la baignoire
Il ouvre ses yeux dans le noir
Et agrandit nos territoires


Année de création : 2025
Instruments : Guitare

Inspirée par des courts textes et des dessins de l’adolescence, qui représentaient ce qui pour moi était un fœtus de crocodile que je nommais alors “le petit”.

Cette musique semble vouloir donc exprimer – entre autres – la sensation d’avoir au fond de soi un être mystérieux, déroutant, peut-être dangereux, et qui pourtant nous est intimement lié.

Image peut-être d’un Sur-moi inquiétant ?
Réflexions peut-être aussi sur les mécanismes des relations d’emprise, en relation avec une personne tierce ou avec soi-même.