
RONGE / 1 – Octobre 2025
Comme une interjection ou un conseil, un os à ronger.
Voici le premier opus de quelques enregistrements faits-maison, parce que ça gratte un peu trop dedans et que ça doit bien sortir ! Afin que l’intimité qui me lie à mes textes et à mon univers sonore se partage (enfin) au-delà de mes moments de concerts.
Sortie un peu fébrile, car j’ai toujours privilégié et préféré la performance live à l’exercice du studio, avec une petite phobie de fixer les choses – comme si enregistrer ma musique devait la cloisonner à une sonorité ou un style, et ainsi définir les contours trop propres d’une personne qui déjà n’est plus moi.
Pour rester au plus proche de la nature brute et vivante de mon travail, ces musiques sont rassemblées dans de courts recueils – que j’appelle les RONGEs – , non en les pensant comme des produits finis, mais comme des témoins de ce qui existe aujourd’hui.
Voici donc le premier opus de ces enregistrements faits-maison, très proches de ma pratique live, parce que c’est vrai que ça gratte un peu trop dedans et que ça doit bien sortir avant que ça ne rouille !
RONGE/1 – première série de chansons un peu brutes de fonds de cave, avec :
Transhumances – je commence avec cet appel histoire d’être certain qu’on sorte ensemble de l’enclos aux fils barbelés corrodés, et d’assumer que ce voyage est possible sans trancher entre consistance, énigme et dérision
Os troubles– une plongée archéologique au sein des ruines submergées qui subsistent tout au fond, en attendant le froid qui finira par tout engloutir à son tour
Les vaches ne regardent pas les arcs-en-ciels – voici une logorrhée psychanalytichotique d’un être en quête de simplicité et d’apaisement, un peu parce que je suis parfois jaloux de cette fourmi dont le but de vie semble si clair, ou de ce chat qui est tout à fait à l’aise de se prélasser sur son coussin plutôt que de se préoccuper de comment œuvrer à la fin des ravages du capitalisme
Zoo – parcours dans le parc animalier de mon corps sauvage – bonne visite ! – please do not feed the animals
Toi – aux personnes qui font que je suis celui-là, avec beaucoup de reconnaissance, d’amour et d’adelphité
Corps à corps – valse aigre-douce qui accompagne les mystères de ces amours épuisés qui continuent pourtant de vibrer en nous, malgré le temps, malgré les compréhensions, malgré les choix
La colère – un feu qui brûle, un cri, un chant qui éclate par désir d’avancer ensemble dans les mêmes rues de révoltes, reste à choisir quel boulevard emprunter
Yo soy la locura – “Je suis la folie” Pasacalle écrite et composée par Henri du Bailly en 1614, personne n’a jamais été épargné depuis
Et voilà donc.
J’ai rongé un peu le premier, mais j’en laisse quand même pour les autres.
Car ça continue de gratter, de grouiller, de palpiter sous la peau, alors RONGE/2 & RONGE/3 paraîtront sous peu avec d’autres musiques et d’autres versions !
Textes, Compositions et Arrangements – Sébastien OLIVIER
sauf Yo soy la locura – Henri du Bailly, 1614
Guitare acoustique, Guitare électrique “Groute”, Mandole, Voix – Sébastien OLIVIER
Enregistré et mixé au local des Moulins (Vernier) et au Glaucal (Courfaivre)
Recueil également à l’écoute sur la plateforme de La Souterraine ainsi que sur ma page bandcamp perso !
