D’ici on voit très bien la mer
Les roches effritées
M’accueillent comme un oreiller
Sur mon talon s’enroule un lierre
Désireux de m’envelopper

Je le regarde lentement grimper
Autour de mes chevilles
Le long de mes mollets
Bientôt me voilà tout entier
Enlacé
Et je vacille

Une amie me prend par la main
C’est l’épine
D’une branche brisée
Un arbuste orphelin
Une plante marine
Qui chercha à m’aider
Elle me raconte
Sa solitude

Mais pour qui s’époumone cet oiseau blanc
N’a t-il jamais vu un corps mourant ?

Laisse moi dormir encore un peu
Et m’imprégner
De chlorophylle

Mon lierre s’abreuve d’eau salée
A mes yeux, à mes lèvres
Il plonge ses racines
La chaleur coule dans ma sève
Le soleil est
Ma médecine

La falaise m’accueille à ses pieds
Elle me retient en bas
De sa paroi fragile
Faisant semblant de m’ignorer
Glissent autour de moi
Des reptiles

Mais pour qui s’époumone cet oiseau blanc
N’a t-il jamais vu un corps mourant ?

Laisse moi dormir encore un peu
Et m’imprégner
De chlorophylle

Ici la mer s’est retirée
On dirait qu’elle a fuit mes racines
Mon lierre continue de grimper
Et mes rochers toujours se ravinent
Que suis-je ? Qu’étais-je ? Que serais-je ?
Cela m’est bien égal
Je pourrais toujours être utile
Et je pense, plaisir immense, intense et puéril
Que personne ne reconnaîtra jamais
Personne
Mon fossile

Mais pour qui s’époumone cet oiseau blanc
N’a t-il jamais vu un corps mourant ?

Laisse moi dormir encore un peu
Et m’imprégner
De chlorophylle


Année de création : 2023
Instruments : Guitare